Mme Mariette GILABERT
Soutiendra samedi 17 janvier 2026 à 13 h 30
Salle des Actes n° 011 à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, Site Saint-Charles 1
une thèse de DOCTORAT
Discipline : Histoire spécialité Histoire ancienne
Titre de la thèse : Héraklès, Hannibal et Rome : une confrontation idéologique et politique
Composition du jury :
- Mme Agnès BÉRENGER, Professeure, Université de Montpellier Paul-Valéry
- M. Martin GALINIER, Professeur, Université de Perpignan Via Domitia
- M. Antoine PÉREZ, Maître de conférences habilité, Université de Montpellier Paul-Valéry, directeur de thèse
- M. François RIPOLL, Professeur, Université Toulouse Jean-Jaurès
Résumé de la thèse :
En 218 av. J.-C., débute la Deuxième guerre punique qui marque durablement Rome. On se souvient encore du voyage de l’armée carthaginoise, accompagnée de ses fameux éléphants, à travers le midi de la France. Le nom d’Hannibal est alors désormais lié aux Alpes qu’il a franchies.
Cependant, la confrontation ne s’est pas seulement déroulée uniquement sur le plan militaire, mais aussi sur les plans des idées et de la politique : le Barcide a mis en place une importante propagande autour d’Héraklès. Le héros est en effet présent à Carthage sous les traits de Melqart, divinité tutélaire des Barca, et le général est pétri de culture hellénique. Il s’approprie ainsi les valeurs civilisatrices et guerrières du fils de Zeus pour s’adresser aux Grecs : il est le nouvel Héraklès, que rien ni personne ne peut vaincre. Il s’empare du Dixième Travail, la Géryonie, durant laquelle son modèle relie les péninsules hispanique et italique en ouvrant une voie dans les Alpes. Hannibal en utilise alors les moindres détails pour construire un parallèle avec son propre périple et le transformer en imitatio Herculis.
Le conflit est pourtant remporté par Rome. La Ville se retrouve avec une propagande très bien réalisée, qui lie étroitement Héraklès et Hannibal. Plutôt que d’aller contre, elle la retourne contre ce dernier. Le Barcide n’est plus l’héritier du héros, mais l’antithèse, l’anti-Héraklès. Peut-être réitère-t-il ses exploits, mais leurs intentions diffèrent. Celles du fils de Zeus sont nobles tandis qu’Hannibal n’est animé que par la haine. Les véritables successeurs s’avèrent Fabius Maximus Cunctator, Scipion l’Africain et, au-delà d’eux, Rome tout entière et ses imperatores. Bien que le phénomène soit visible chez différents auteurs, il est particulièrement prégnant dans les Punica de Silius Italicus.
L’Urbs reprend ainsi pour elle la mission civilisatrice du héros. Elle l’honore alors en conquérant la Méditerranée et en repoussant les limites de l’oïkoumène jusqu’aux confins du monde.
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The Second Punic War begins in 218 BC and marks strongly Rome. We remember yet Carthaginian army’s journey in the south of France with its famous elephants. Hannibal’s name is linked to the Alps which he crosses.
However, the confrontation is not only a military confrontation, but an ideological and political one too: the Barcid establishes an important propaganda about the son of Zeus. The hero exists in Carthage indeed and he is named Melqart, the Barca’s guardian god. As for Hannibal, he knows Greek culture very well. He takes possession of the hero’s civilising and warlike values to talk to the Greeks: he is the new Herakles that no one can defeat. He seizes the Tenth Labour, the Geryoneis, during which his model connects Spanish and Italian peninsulas, constructing a road in the Alps. Then Hannibal uses every detail to build a parallel with his travel and transforms it into an imitatio Herculis.
Nevertheless, the conflict is won by Rome. The City ends up with a very well-made propaganda which links Herakles and Hannibal closely. Rather than contradicting it, it turns it against the Punic. Now the Barcid is not the hero’s heir, but he is the antithesis, the anti-Herakles. He surely reiterates the god’s exploits, but their intentions are different. Those of Zeus’s son are noble, while Hannibal is only motivated by hatred. The real successors are Fabius Maximus Cunctator, Scipio Africanus, and beyond them the whole of Rome and its imperatores. Although the phenomenon is visible in various writers, it is particularly important in the Silius Italicus’ Punica.
The Urbs thus takes on for itself the hero’s civilising mission. So it honours it with the Mediterranean Sea’s conquest and pushing the edge of oecumene to the world’s border.







